Vendredi 20 mars, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le CELSA célébrait ses 410 diplômés de la promotion 2025. Un moment suspendu, à la fois solennel et vibrant, où se mêlaient fierté, joie et une pointe de nostalgie
Pour accompagner ces diplômés, Benjamin Parrot, diplômé 2009 et directeur général du Racing Club de Lens, parrain de cette promotion, a livré un discours émouvant, inspirant et sincère illustrant la force du collectif et le souvenir encore vif de ses années au CELSA.
Nous avons recueilli son témoignage :
« Je suis aujourd’hui directeur général du RCL, club de football professionnel de Ligue 1, où la passion, le collectif et le sens du territoire s’incarnent chaque jour, bien au-delà des seules lignes d’un terrain de football. Mon rôle consiste à faire dialoguer la stratégie et l’exécution, la performance et le sens, le court et le long terme. En somme, à veiller à une cohérence, donner un souffle, à une maison aussi populaire qu’exigeante. Précédemment, à la sortie du CELSA, j’avais intégré le Groupe France Télévisions en qualité de chargé de mission auprès de la direction générale, avant de renouer avec un destin sportif en intégrant le Stade de Reims, à la direction de la communication et du marketing.
Dès le début de mes études, le CELSA est apparu comme un objectif. Comme beaucoup d’étudiants en communication et journalisme, l’école de référence en sciences de l’information et de la communication, un lieu d’excellence pour apprendre et se développer. J’y voyais l’alliance entre rigueur intellectuelle et immersion dans les réalités contemporaines du monde de la communication, des médias, de l’entreprise.
J’y ai trouvé un lieu où l’on apprenait autant à penser qu’à se penser. Ce qui m’avait aussi profondément attiré est la dimension professionnalisante. La qualité des intervenants, souvent des figures de référence dans leur domaine, donnait une résonance concrète à nos apprentissages. Il y avait bien sûr de la théorie, de la hauteur, mais toujours accompagnée d’une lecture professionnelle, ancrée dans le réel.
Le CELSA m’a élevé. C’est une formule simple, mais qui me semble juste. Il a façonné ma manière de réfléchir, de mettre en perspective, de mettre à distance. Il m’a appris à interroger les évidences avant de décider, à accueillir la complexité sans m’y noyer. Cette capacité à articuler rigueur et intuition, stratégie et sens, me guide aujourd’hui dans toutes mes responsabilités, qu’elles soient humaines, économiques ou culturelles.
Je garde un souvenir marquant de mon admission au CELSA. J’avais franchi l’écrit avec succès, mais me suis présenté à l’oral avec, pour reprendre une image footballistique, l’assurance excessive du tireur d’un penalty qui voit déjà le but inscrit ! Je croyais avoir « fait le plus dur », et ce relâchement m’a valu d’attendre quelques semaines de plus pour intégrer l’école. Ce faux pas m’a appris, bien au-delà du concours, que le doute devait escorter chaque oral important. Il m’a appris aussi que la rigueur est souvent une forme de respect – pour soi, pour les autres, pour les opportunités.
Enfin, une anecdote plus légère mais révélatrice : passionné de sport, je lisais L’Équipe entre deux cours — parfois même jusqu’aux dernières minutes… Mon projet était clair : travailler dans le sport professionnel. Au CELSA, jamais cette ambition n’a été perçue comme marginale. Elle a été respectée, encouragée, tout en m’ouvrant à d’autres horizons, à la diversité des parcours de mes camarades. Ce va-et-vient entre ancrage personnel et ouverture intellectuelle reste, pour moi, l’une des grandes richesses de cette formation. »



